Mon défi pour la 5semaine!

Dans le cadre de mes formations en magnétisme et en Reiki, j’ai commencé à contacter et affiner mon sens du toucher. Avec la formation en Shiatsu que je suis actuellement, je le développe de plus en plus. Parallèlement, j’apprends à réfléchir à la relation que j’entretiens avec ce sens si fondamental, dont la perte, selon Aristote, « entraîne la mort des êtres vivants ».

Quand j’ai pris conscience de l’importance du sens du toucher

Quand j’étais enceinte, mon conjoint et moi avons choisi de communiquer in utero avec nos bébés (j’ai eu plusieurs grossesses) grâce à l’haptonomie. Ainsi, Emmanuel a appris à poser sa main sur mon ventre d’une façon particulière, lorsque j’étais disponible. Juste par la qualité du contact et l’intention qu’il communiquait, il invitait le fœtus à venir se loger dans sa main. Parfois le bébé se déplaçait pour venir à sa rencontre, parfois non. Dans tous les cas, cela nous permettait de créer une communication avec le bébé et de lui indiquer que nous le (la) respections en tant que personne et dans ses choix. C’était très émouvant. Bien avant la naissance, cela posait les bases de ce qui était déjà notre relation.

Nous pouvons percevoir à quel point le sens du toucher est sollicité aussi lorsque ce sont les objets qui sont en contact avec nous. Ici, le moelleux d'une couverture.
L’importance du sens du toucher dans le développement

Ensuite, à chaque naissance, j’ai pris mon bébé contre moi, peau à peau. Puis, je les ai chacun portés beaucoup dans des porte-bébés kangourous. J’ai également pris des cours de massage pour bébés. Masser mes bébés m’a procuré beaucoup de plaisir. De plus, je crois que c’était ma manière de reconnaître les compétences perceptives et motrices de mes bébés, base de leur sécurité affective, selon moi.

Le toucher : un sens que j’avais négligé 

Créée par le psychothérapeute Franz Veldman dans les années 50, l’haptonomie est une « science du contact » affectif. C’est un ensemble de pratiques dans laquelle le toucher et sa qualité sont fondamentaux. Pour ma part, c’est à partir de ce moment-là que j’ai pris conscience à quel point j’avais négligé mon sens du toucher auparavant. Depuis toute petite et avant récemment, j’ai été un peu bloquée quand il s’agissait de toucher ou d’être touchée. Je pense que cela a beaucoup joué dans mon rapport aux autres.

Vers une réhabilitation du sens du toucher?

Le sens du toucher est bien entendu essentiel dans les formations que j’ai suivies cette année. En Shiatsu comme dans les soins énergétiques, le toucher se veut bienveillant, attentif, dénué de jugement. En fait, il devrait l’être, selon moi dans tous les aspects de la vie. Dans la société dans laquelle je vis, il est souvent carencé. Nous touchons les objets par habitude, sans bienveillance particulière. Beaucoup d’entre nous ont été peu touchés par leurs parents dans l’enfance. Et souvent, entre adultes, nous sommes réticents à toucher, de peur de l’interprétation qui peut en être faite.

J’ai donc l’élan de participer à la réhabilitation du sens du toucher. De plus en plus, j’entends des gens qui ne sont pas massothérapeutes dire que se faire masser au moins une fois par semaine est une saine habitude, pour ne pas dire salutaire. Comment prétendre le contraire? La peau n’est-elle pas, comme le souligne Pascal Prayez dans « Le toucher apprivoisé, pour une approche différente du soigné », « le seul organe sensoriel à recouvrir tout le corps »?

Oui, mais comment réinvestir le sens du toucher?

Étant donné que je participe à des formations qui développent de facto mes perceptions et compétences tactilo-kinesthésiques, comment aller plus loin? Pour commencer, j’ai ouvert l’un de mes livres fétiches : « 52 façons de pratiquer la pleine conscience ». Eh bien, figurez-vous que l’exercice sur le toucher aimant est loin d’être aussi facile que je l’imaginais! En effet, l’auteure propose d’utiliser nos mains afin de procurer un toucher aimant le plus souvent possible, y compris envers des objets inanimés. Une petite voix s’est aussitôt élevée dans ma tête pour crier : « Ça va pas ou quoi? À quoi ça sert? »

Compte tenu de cette réaction un peu vive, je me suis aussitôt dit que j’avais quelque chose à apprendre de cela et que cela allait être mon défi de cette semaine.

Pourquoi toucher avec amour les objets inanimés?

Alors je me suis souvenue de mes cours de piano qui remontent à 30 ans. Je me revois tenter de moduler les appuis de mes doigts sur le clavier en fonction de ce que je voulais transmettre dans mon interprétation. Bien que je n’aie pas touché un piano depuis 20 ans, je sens encore dans mes doigts la différence entre caresser et frapper les touches.

Du coup, quand j’ai commencé ce défi, je me suis juste rendue compte de tous les moments où je n’utilise pas mes mains de façon aimante. Par exemple, pour prendre une tasse, cuisiner, taper sur le clavier de l’ordinateur, mettre mes chaussures, vider le panier de courses, etc. Tous ces moments sont dénués de bienveillance. Pourtant, je sais utiliser un toucher aimant quand je caresse mon chat, quand je prends mes enfants dans mes bras, quand je touche mon bien-aimé, quand je donne un Shiatsu ou du Reiki.

Alors pourquoi est-ce que je ne le fais pas en tout temps? C’est aussi une question que pose Jan Chozen Bays à propos de la pleine conscience en général.

« Pourquoi ne vivons-nous pas comme cela en tout temps? Une fois que nous avons découvert que notre vie est beaucoup plus riche quand nous sommes tout-à-fait présents, pourquoi retombons-nous dans nos vieilles habitudes? »


Jan Chozen Bays, « 52 façons de pratiquer la pleine conscience »

Trois manières inhabituelles de développer un toucher aimant

Il existe des jeux pour apprendre à développer nos perceptions tactiles. Le joueur plonge ses mains dans des boîtes contenant des matières de textures différentes et essaie de deviner ce qu’il est en train de toucher. Je trouve que c’est une expérience intéressante, mais elle ne constitue pas un défi. Et puis, elle ne prend pas en compte la dimension du toucher aimant.

C’est pourquoi je me (vous) propose 3 manières plus étranges pour moi : celles proposées par Jan Chozen Bays.

Première façon

Premièrement, je fais une marque au stylo sur ma main dominante. À chaque fois que je vois le signe, je choisis de pratiquer un toucher aimant. Autrement dit, je choisis de donner de l’attention et de la considération à la personne ou à l’objet que je touche, comme si c’était la première et/ou la dernière fois que je le touchais.

Deuxième façon

Ah! Le toucher aimant de cette couverture!

Deuxièmement, je développe ma perception du fait que je suis régulièrement touchée avec bienveillance. Je m’explique : nous prenons souvent conscience de ce qui nous touche quand nous ressentons une douleur. S’il vous est déjà arrivé de marcher sur un Lego, vous sentez sans doute de quoi je parle. Même chose pour un doigt coincé dans une porte ou une gifle. Par contre, il y a tellement d’objets qui nous touchent avec bienveillance auxquels nous ne prêtons pas attention! À défaut de pouvoir marcher dans l’herbe ou sur le sable, je me propose d’être attentive à d’autres choses. Je vais considérer la chaleur des vêtements sur ma peau, la texture du sol sous mes pieds, la force du vent ou la douceur de la neige sur mon visage, etc.

Troisième façon

Troisièmement, telle un maître zen, j’honore les objets comme s’ils étaient vivants. Ne sont-ils pas faits d’énergie comme nous? Cela constitue sans doute le plus gros défi pour moi!

Petit bilan de moitié de semaine

Voilà trois jours que j’ai commencé mon défi. Je me rends compte que, pour moi, la deuxième méthode est celle que je réussis le mieux à mettre en pratique. Il me semble que depuis ces quelques jours, j’ai une conscience plus aiguë du “toucher” que je “reçois”. Comme si les êtres et les objets qui m’entourent stimulaient davantage mes capteurs sensoriels. Le contact d’un pyjama, d’une fourrure de chat, de mon tapis de yoga me permettent de m’ancrer plus facilement dans le moment présent. 

Et pour vous?

Un toucher aimant en tout temps, cela constitue-t-il un défi pour vous? Écrivez votre réponse dans les commentaires!

Sources

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2 commentaires

Marie G · 17 décembre 2018 à 13:43

Merci Isabelle pour ton article sur le « toucher ». Je trouve cela important d’en parler. C’est un de nos sens que nous pouvons partager. Avec le toucher, je peux sentir mais je peux aussi donner à l’autre. Sans oublier notre propre «toucher» pour nos soins du corps et du visage. Un toucher bienveillant donne de la valeur à nos soins!

    Isabelle Burcheri · 17 décembre 2018 à 22:50

    Bonjour Marie,
    Oui, c’est un sens tellement important et comme tu le dis si bien, l’un de ceux que l’on peut partager! C’est sûr que ton expérience dans le domaine est grande et je suis contente de ce point commun que nous avons. Oui, aussi, pour le toucher bienveillant envers soi-même: celui-ci non plus n’est pas si aisé!
    Merci pour ton commentaire.

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