Oui, je sais, s’il est sujet que j’ai déjà traité plusieurs fois, c’est bien celui de la communication avec l’enfant intérieur. Pour faire un raccourci facile, il semblerait que si toutes les voies mènent à Rome, les Clefs du Ki nous ramènent à l’enfant intérieur.

Comme j’ai décidé de vous présenter les 21 étapes du programme d’Arnaud Riou pour adopter l’attitude du chamane, je ne pouvais tout simplement pas faire l’impasse sur le 9e. Genre, sous prétexte de sujet déjà traité, je passe directement au 10e. Bon, peut-être que j’aurais pu, mais il semblerait qu’il y ait autant de manières de rencontrer l’enfant intérieur que d’auteurs qui écrivent à ce sujet, alors…

Rencontrer l’enfant intérieur. Photo Abdul Momin, Pixabay

Ces trois identités qui cohabitent en nous

Dans « Réveillez le chaman qui est en vous », Arnaud Riou explique que le chamanisme reconnaît en chacun de nous la coexistence de trois identités primitives.

Premièrement, il y a le maître intérieur, qui est le sage en nous, celui qui nous procure notamment confiance dans la vie.

Deuxièmement, il y a l’enfant intérieur. C’est un ensemble de mémoires de l’enfant que nous avons été, inscrites en nous. D’une part, cet enfant porte la joie et la créativité que nous connaissions dans notre jeune âge. D’autre part, elle garde aussi des blessures en lien avec les moments où nous nous sentis fragiles, insécurisés, délaissés, repoussés, mal-aimés ou autre. Or, ces blessures émergent quand nous vivons une difficulté d’ordre relationnel ou social. Entre autres, en cas d’échec amoureux, d’enjeu professionnel ou personnel. Par exemple, quand on croit que l’on n’est pas capable d’atteindre un objectif ou que l’on se sent inférieur aux autres.

Troisièmement,  il y a le médiateur. Ce dernier écoute les deux autres. Ensuite il donne les commandes à l’un ou à l’autre.

En passant, il me semble que la PNL parle aussi de 3 archétypes en colocation chez nous : l’enfant, le parent et l’adulte. Par contre, il y a une différence subtile, car le parent est plutôt le moralisateur, celui qui nous dit ce que nous « devons » faire et qui nous juge, tandis que l’adulte est le sage qui prend la décision finale, après avoir écouté les 2 autres.

Comment sait-on quand l’enfant intérieur se manifeste?

En général, quand nous nous sentons plus vulnérable, fragile, incertain, c’est parce que nous sommes relié(e)s à une blessure du passé. D’autre part, quand nous interagissons avec d’autres enfants (des enfants extérieurs, j’entends) et que nous sommes soudain sous le coup d’une émotion vive, il se peut fort bien que, là encore, ce soit quelque chose de notre propre enfance qui soit en jeu (injustice, manque d’attention, discrédit, jalousie, etc.).

Pourquoi rencontrer l’enfant intérieur?

C’est vrai, quoi, si nous préférions nager dans notre mal-être?

Tout d’abord, l’enfant en nous est le créateur de notre vie. Quand nous étions enfant, nous avions plusieurs centres d’intérêt. Nous pouvions faire toutes sortes d’expériences, dans le plaisir de la découverte et de l’apprentissage. Un rien nous procurait de la joie.

Ensuite, pour la plupart d’entre nous, nous avons grandi et nous nous sommes conformés à ce que nous avons cru que les autres attendaient de nous. Aussi, nous avons créé un certain nombre de réflexes d’auto-défense pour nous protéger des affronts que nous avons subis. Afin de ne plus ressentir la peur, la honte, la culpabilité, etc., nous avons appris à cacher certaines de nos émotions, voire à ne plus les ressentir. Mais elles sont toujours là, prêtes à sortir comme un diable de sa boîte, en général jamais au moment opportun.

Tant que nous gardons nos blessures emmurées, nous pouvons nous sentir protégés des éclats. Cependant, pendant ce temps, nous ne pouvons pas avancer. Parce qu’étouffer l’enfant intérieur blessé, signifie aussi faire taire l’enfant intérieur créateur, intuitif, joyeux.

C’est pourquoi je trouve que les séances dans lesquelles nous accordons de l’attention à l’enfant intérieur sont des occasions de guérir de nos écorchures, de grandir et de nous révéler.

Accueillir l’enfant intérieur blessé permet de grandir. Image John Hain, Pixabay

Par ailleurs, pour les personnes qui ont des enfants (extérieurs), prendre soin de l’enfant intérieur est l’occasion de transcender les meurtrissures du passé et de ne pas les reproduire avec les enfants que nous accompagnons dans cette vie. En plus, les enfants extérieurs ont souvent des antennes pour repérer les blessures de l’enfant intérieur et, si nous refusons de les affronter, eux vont s’en charger inconsciemment.

Comment faire pour prendre soin de l’enfant intérieur?

Sans doute ne serez-vous pas surpris de ma réponse : permettez-vous de l’écouter!

Toutefois, écouter ne veut pas dire lui donner toute la place. Sinon, nous risquerions de nous engouffrer dans une tempête émotionnelle non maîtrisée. Écouter l’enfant intérieur signifie lui donner l’attention qu’il n’a pas reçue au moment de la situation passée qui a créé la blessure. Cette qualité d’écoute va lui(nous) permettre de guérir de cette situation, de grandir à travers elle et de gagner en confiance.

Dans un précédent article, j’avais donné la méthode de Thích Nhất Hạnh. Aujourd’hui, je vous propose celle d’Arnaud Riou.

Dans un cas comme dans l’autre, l’exercice est simple à réaliser, mais rares sont les personnes qui s’y prêtent. Pourtant, les bénéfices sont nombreux.

La méthode du chamane

Tout d’abord, il est recommandé de vous installer dans un endroit calme, de vous déposer et de respirer. Vous commencez à en avoir l’habitude, n’est-ce pas?

Ensuite, amenez à votre esprit une image de vous, enfant. De mon expérience, l’image qui se présente est celle de vous au moment d’une situation conflictuelle à résoudre.

Puis, visualisez la scène du conflit et les différents protagonistes. Ce peut être dans la maison familiale avec les proches. Sinon, la scène peut se passer dans la cour d’école ou dans une classe avec un enseignant. Il y a bien sûr bien d’autres possibilités, ce ne sont que des exemples.

Quand le décor est planté, commencez par envoyer une douce lumière blanche sur l’enfant intérieur afin de le rassurer, lui apporter la paix. Puis rétrécissez les autres personnages et agrandissez l’enfant. Cette pratique permet d’inverser le rapport de force. Continuez à envoyer un faisceau de lumière sur votre enfant intérieur. Simultanément, cherchez à savoir quels sont les besoins de l’enfant qui ne sont pas comblés au moment de la scène. A-t-il besoin de sécurité, de considération, de tendresse, d’équité?

Ensuite, demandez à l’enfant comment devraient se dérouler les choses pour que la situation réponde à ses besoins. Alors, créez mentalement cette nouvelle scène. Si besoin, faites une demande concrète aux autres personnes en présence. Continuez à répandre une belle lumière.

Tout au long de l’expérience, vous êtes l’adulte qui prend soin des besoins de l’enfant intérieur.

Être l’adulte qui prend soin des besoins de l’enfant intérieur. Photo Pixabay

Ma propre expérience

Dernièrement, j’ai été assez réticente à aller à la rencontre de mon enfant intérieure. Faut croire que vivre en permanence avec 3 enfants me suffisait!

Cependant, comme j’ai eu des occasions d’écrire sur le sujet dernièrement, il a fallu me rendre à l’évidence que réintégrer la communication avec elle dans mon rituel quotidien ne pouvait être que bénéfique.

Et ça l’est!

Eh oui, laisser parler l’enfant en moi me permet de me relier à mes rêves, de ressentir davantage l’énergie, de faire de belles rencontres, de me lancer dans de nouvelles expériences.

J’ai eu l’occasion de la rencontrer à diverses occasions, à des âges divers. À chaque fois, l’expérience m’a permis de me relier avec la lumière et les couleurs de celle que j’étais enfant.

Conclusion

Pour moi, rencontrer son enfant intérieur est une belle expérience humaine. A priori revivre des moments qui ont été difficiles n’est pas une sinécure. Cependant, souvenez-vous qu’il ne s’agit pas de les revivre. Dans ce contexte, quand vous les revisitez, vous êtes un adulte conscient, qui a survécu à ces moments-là. (D’ailleurs, vous pouvez le dire à l’enfant intérieur.) Donc, vous pouvez vraiment reconnaître le chemin parcouru, toutes les épreuves traversées et vous célébrer pour cela.

De plus, être en contact avec un enfant vous permet de vous reconnecter à votre créativité, votre intuition et (re)devenir l’auteur de votre vie!

À vous de jouer!

Source

Crédit image d’en-tête

  • Dessin cdd20, Pixabay
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7 commentaires

Déborah · 21 avril 2020 à 13:26

Trop intéressant, merci Isabelle !

    Isabelle Burcheri · 21 avril 2020 à 15:15

    Merci de me lire!

LEBORGNE · 22 avril 2020 à 08:33

Merci Isabelle pour tes 2 derniers articles super intéressants : Garder la forme et le 9ème pas du chamane , c’est tellement limpide quand tu écris que cela donne envie de mettre en pratique immédiatement…..

    Isabelle Burcheri · 22 avril 2020 à 12:11

    Merci de me lire Nadine,
    J’espère que tu mettras en pratique et me diras les changements que tu observes!
    Isabelle

Entendre le chamane intérieur: 10e pas du chamane - Les clefs du Ki · 26 avril 2020 à 06:16

[…] faut se référer à celui des 3 archétypes (ou sous-personnalités) dont j’ai parlé dans l’article précédent. À savoir: le maître intérieur, l’enfant intérieur et le […]

Garder la forme: mon rituel quotidien! - Les clefs du Ki · 26 avril 2020 à 07:25

[…] sur comment garder la forme. Néanmoins, depuis quelques jours, j’ai retrouvé les bénéfices de prendre contact avec cette partie de moi plus vulnérable. La contacter chaque jour permet de vérifier que tout va bien (ou pas) et que ses besoins sont […]

Bonheur et énergie - Les clefs du Ki · 2 mai 2020 à 12:46

[…] fait, l’exercice m’a permis de me relier, certes à mon enfant intérieur, mais également à l’énergie, la force de vie en moi qui, quand elle circule librement, […]

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