Comme son titre l’indique, ce texte traite de la sagesse corporelle. En effet, notre corps est un merveilleux outil pour comprendre ce qui nous arrive et nous aider à dépasser des expériences traumatisantes. Je vous partage ici une situation peu commune qui m’a permis d’avancer sur le chemin de la connaissance de soi

Quand l’accouchement vire au cauchemar

Mon deuxième enfant est né par césarienne d’urgence, un 5 mai pluvieux, à 19 h 05. Le terme « urgence » signifie que 30 minutes plus tôt, j’étais encore en salle de travail. L’accouchement, que je voulais naturel, s’était à peu près bien déroulé pendant les 6 heures précédentes. Mais, juste au moment de la poussée, sa tête ne s’engageait pas. Son cœur décélérait. Je manquais d’oxygène.

Une des deux médecins pompait l’oxygène manuellement. En effet, la machine qui était supposée le faire était tombée en rade. L’autre médecin me disait de pousser, comme dans les films.  « Poussez, Madame, poussez! ». En fait, je crois qu’elle m’appelait par mon prénom, mais, ça n’a pas vraiment d’importance. Dans ces minutes interminables, il ne semblait rien se produire, sauf le monitoring qui hurlait que le cœur de mon bébé ralentissait.

Le trou noir

Alors, ils m’ont mise sur une civière. Ils ont couru dans les couloirs de l’hôpital pour me conduire aux urgences. Quelqu’un a posé un masque sur mon visage. Ensuite une voix masculine m’a dit de prendre une grande inspiration. Puis le trou noir. Gaspard est né dans mon inconscience.

Je me suis réveillée 5 minutes plus tard 

En fait, c’était vraisemblablement plutôt deux heures plus tard. J’ai vu une femme s’approcher avec une machine sur roulettes. Elle m’a dit qu’elle allait faire des radios. Je lui ai dit qu’elle devait se tromper, puisque j’étais là pour un accouchement. Elle m’a répondu : « Tout-à-fait, mais ça s’est passé tellement vite, qu’on n’a pas eu le temps de compter nos outils avant. Alors je vous fais une radio pour vérifier qu’on a rien oublié. » Magnifique scène de film, non?

Je n’étais pas au bout de mes surprises

Même si cette situation était déjà épique en soi, je n’allais pas cesser d’être étonnée. Dans les semaines qui ont suivi, je me suis réveillée souvent la nuit pour allaiter. Le jour aussi d’ailleurs. Mais c’est lors de mes réveils nocturnes que j’avais l’impression que mon tronc était enserré dans un corset. Pas le sous-vêtement barbare que portaient les dames au XIXè siècle. Non, moi j’avais l’impression de porter le corset orthopédique que j’ai mis pendant 6 ans quand j’étais adolescente. Le truc en plastique qui était supposé redresser ma colonne vertébrale. (J’ai une scoliose).

Je revivais donc cette sensation bizarre

Vingt-cinq ans plus tard, je sentais à nouveau un appareil rigide, collant et inconfortable m’enserrer le bassin. Alors j’ai interrogé la partie de moi qui vivait cet inconfort. Elle m’a dit que c’était le fait d’avoir porté un corset qui avait empêché l’ouverture de mon bassin pendant l’accouchement.

Pourquoi cet accouchement plutôt que le précédent? Parce que le bébé était beaucoup plus gros. Une plus grande mobilité de mon bassin aurait été nécessaire pour permettre son passage.

Théorie confirmée

Ainsi, mon corps m’avait donné une explication. Or, cela ne me tentait pas vraiment de rester avec une sensation vieille de 25 ans. C’est pourquoi je suis allée consulter une ostéopathe. Celle-ci, dont l’approche est plutôt biomécanique, m’a aidée à résoudre ce problème. De plus, elle a confirmé que  mon corps avait gardé la mémoire de cet appareil qui avait, en effet, entravé la mobilité de mon bassin. Et que, même de nos jours, il y a avait encore de gros progrès à faire en matière d’orthopédie du dos.

Laisser la sagesse corporelle s’exprimer

Bien des années plus tard, une autre ostéopathe, dont l’approche est bioénergétique, a elle aussi confirmé ce que mon corps m’avait « dit ». Elle a ajouté qu’en plus d’avoir une grand mémoire, notre corps a une grande sagesse : « Le corps sait et se souvient ».

Un peu avant ma troisième grossesse, j’étais très engagée dans la voie du développement personnel. J’ai beaucoup travaillé à écouter les messages de mon corps pour défaire des traumatismes que j’avais. Cela m’a permis d’accueillir cette grossesse et toutes les émotions qu’elle suscitait. Selon moi, c’est cette écoute qui m’a permis de réussir un AVAC (accouchement vaginal après césarienne). 

C’est parce que je crois à la sagesse corporelle que je suis désormais praticienne en Shiatsu. Dans ces formations, je m’appuie sur la confiance en mon corps que j’ai appris à développer. C’est ainsi que je découvre mon intuition et mon acuité sensorielle

Et vous, avez-vous des anecdotes à partager sur ce thème?

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5 commentaires

stéphanie · 26 octobre 2018 à 17:23

Oh quel témoignage! j’en ai des frissons! Moi aussi j’ai eu une césarienne en urgence pour mon second enfant mais à côté de ton histoire ma césarienne a été d’une simplicité incroyable…
Lorsque tu dis que tu as interrogé ton corps c’est avec le test musculaire? Je me suis formée à la communication connectée et cela me parle du coup.
J’aime beaucoup la façon dont tu écris tes articles et le sujet de ton blog. J’ai hâte de lire la suite du blog et peut-être de se rencontrer un jour 😉
A très vite,
Stéphanie

    Isabelle Burcheri · 28 octobre 2018 à 09:05

    Bonjour Stéphanie,
    Merci pour ton commentaire. En plus, tu poses une question qui me met au défi, parce que je ne sais pas ce qu’est le test musculaire. Non, quand j’interroge mon corps, je pratique ce que nous appelons autoempathie en communication NonViolente (CNV). Voici comment je fais. Je prends un temps pour moi, au cours duquel je sais que je ne vais pas être interrompue. Je m’assoie confortablement. Je prends plusieurs respirations conscientes. Je promène mon attention dans différentes parties de mon corps, en essayant de les détendre une par une. Quand j’arrive dans une région de mon corps qui est tendue et que je n’arrive pas à détendre, je l’écoute. C’est-à-dire que je reste avec elle jusqu’à ce que des pensées ou des images émergent. Je ne cherche pas à les analyser. Je tente seulement de les écouter. Quand c’est trop intenses, je peux continuer par écrit, en “dialoguant avec cette partie”.
    Je suis contente que tu aimes mes articles, parce que j’y mets beaucoup de cœur!
    J’espère aussi que nous nous rencontrerons en 2019!
    Merci encore

kristine · 26 novembre 2018 à 07:50

Ben dis donc… toujours dans la lignée d’articles qui me donnent des frissons à la lecture…!
J’ai eu la chance d’échapper à la césarienne pour mes 3 accouchements, mais j’ai pas mal galéré quand même avec les coliques néphrétiques de la femme enceinte pour ma première grossesse et des hémorragies problématiques pour les autres…
Dommage, je ne connaissais pas les soins énergétiques de ce temps-là…ni la sagesse du corps…!!
ça m’aurait bien aidé !
Et je dois avouer que je ne connaissais pas ce terme de “AVAC”…!? (Vive internet!)
En plus d’être émouvants, toujours intéressants, tes articles !
Merci Isabelle.. 😉

    Isabelle Burcheri · 26 novembre 2018 à 22:01

    Merci Kristine,

    Cet article a été l’un des plus difficiles pour moi à “accoucher”, étant donné qu’il touchait quelque chose de très intime. Mais c’était important pour moi de l’écrire, parce que les expériences décrites ont largement contribué à mon cheminement et à construire la personne que je suis aujourd’hui. La vie nous conduit parfois vers des chemins plus escarpés pour nous amener à exprimer notre plein potentiel. Le mien est encore en construction, mais je sais qu’il se situe exactement à la croisée du Shiatsu, des soins énergétiques, de la pleine conscience et du yoga.

    Isabelle

Comment développer le "sens de ma place" - Les clefs du Ki · 28 décembre 2018 à 17:04

[…] à lui l’énergie dont il a besoin pour que nous réalisions notre plein potentiel. “Le corps sait“, je vous l’ai déjà […]

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