Depuis quelque temps, j’ai “la tête dans des malles” pour préparer mon déménagement – et celui de ma famille – en France. Plusieurs fois par semaine, je réponds à la question suivante: “Pourquoi faites-vous un retour en France?” Nombreuses sont les personnes qui m’ont posé cette question et nombreuses sont les réponses.

D’ailleurs, selon les circonstances, je n’ai pas toujours donné les mêmes, de réponses. Un jour, suite à une conversation avec mon amie Annie-Claude, j’ai décidé d’essayer de faire une liste la plus complète possible. Alors, attachez vos ceintures et préparez-vous pour le décollage. (Euh, non, ça c’est pour dans quelques semaines encore).

Revenir parce que la vie est mouvement

Les oies symbolisent pour moi le départ et le retour, parce que le mouvement, c'est la vie!
L’ oie sauvage, symbole du départ et du retour – Image de Suju, Pixabay.

En premier lieu, moi qui aime tant la stabilité, je m’épanouis dans le changement. D’ailleurs, le mouvement crée de l’énergie et inversement. Je dirais même plus: quand il n’y a pas de mouvement, il n’y a pas de vie.

Avant de m’enraciner dans ma maison de Montréal que j’adore, j’avais déménagé 10 fois en 10 ans, changé de boulot et de chum plusieurs fois, puis de pays. Probablement que je me cherchais. À tâtons. Grâce à ma vie à Montréal, avec mon amoureux et complice de cette aventure, je me suis trouvée. Beaucoup de paramètres y ont contribué. Parmi ceux-ci, je peux citer en vrac: la maternité, l’apprentissage de nouveaux codes, la qualité de vie, l’assurance de trouver un emploi, l’ouverture d’esprit, la facilité d’être qui on est si on veut. De toute façon, personne ne me connait (enfin, au début, puis après, comme ils m’ont connue comme j’étais à mon arrivée, pas la peine de faire des efforts pour paraître différente). De plus, c”est à Montréal, grâce à la distance sans doute et quelques thérapies, que j’ai appris à défaire de nombreux conditionnements qui m’empêchaient de me réaliser.

En effet, selon moi, la distance d’avec mon pays d’origine a été aidante pour identifier des pensées limitantes et les transformer. Cependant, je ne crois pas qu’elle soit indispensable. La vie nous pousse au changement pour que nous nous dépassions. Ce que nous appelons notre “zone de confort” est en fait une prison dorée. Il faut en sortir pour se réaliser. Néanmoins, cette prison n’est pas géographique, elle est dans notre tête, tout ce temps-là. Nous pouvons bouger sur place, du moment que nous en prenons conscience. Désormais, je sais que j’ai d’autres conditionnements limitants à défaire et je vais m’y employer dans mon pays natal. Juste pour voir si ça marche aussi.

Pour un retour à la campagne

En second lieu, depuis plusieurs années, je ressens l’appel de la Nature. Je souffre en ville. Le bruit, la trépidation, la pollution, etc. ne me conviennent plus. Cela est encore plus fort depuis que je travaille dans le domaine des soins énergétiques. J’ai besoin de me recharger en nature. Puis, de toute façon, j’ai des apprentissages à y faire. Et, même dans une ville plutôt verte et boisée comme Montréal, la nature est loin. Une solution aurait probablement été de déménager à la campagne quelque part au Québec. Mais voilà, quitte à organiser un déménagement de cette envergure, impliquant des changements d’école et de réseaux relationnels (entre autres), autant déménager à la campagne en France, histoire de se rapprocher de la famille.

Pour la Sagrada familia

La famille, une bonne raison du retour
La Sagrada Familia – Image de benedicl pour Pixabay

Bon, je ne suis encore jamais allée à Barcelone. Cela va sans doute changer, étant donné que je vais me rapprocher de la ville de Gaudi. Mais ce n’est pas pour cela que j’ai choisi ce titre. Non! Je l’ai choisi pour sa signification : la Sainte famille. Ne vous méprenez pas, je ne veux pas parler de Jésus, juste de la mienne, de famille, qui est plutôt saine, à défaut d’être sainte.

De nos jours, le concept de famille n’a pas toujours bonne presse. Parce que l’on ose, plus qu’avant, dénoncer ce qui nous dérangeait dans le poids de la famille, des traditions familiales, des secrets, de l’éducation, quand ce ne sont pas directement les abus de toute sorte. Plusieurs de mes amis ont rompu les liens avec un parent (ou plusieurs) pour ne pas continuer à subir de mauvais traitements. C’est tout à leur honneur et je les admire pour leur courage.

Cependant, j’ai une famille sans histoire, à laquelle je suis très attachée. Pendant les 12 ans de mon “exil”, j’ai souvent ressenti la douleur de l’éloignement, la solitude, l’absence de soutien. J’ai sans doute cela en commun avec de nombreux immigrants. D’un côté, c’est une épreuve qui nous aide à tester notre débrouillardise et notre capacité à créer de nouveaux liens. De l’autre, pourquoi endurer ce manque si on a le choix?

Parce que j’ai le choix du retour

En voilà une raison qu’elle est bonne! Je fais le choix d’un retour dans mon pays natal, aussi, juste parce que rien ne m’en empêche. Je le considère presque comme un devoir, en hommage à toutes les personnes qui ne pourront jamais retrouver leur terre natale, à cause de problèmes financiers, familiaux, sanitaires, de la guerre, de la famine, ou autres.

D’ailleurs, quelque chose en moi vit une grande colère par rapport aux personnes qui imputent la cause de tous leurs maux aux immigrants. Si ces personnes savaient ce qu’il en coûte de quitter son pays (même quand c’est un choix), elles cesseraient sans doute leurs récriminations et regarderaient ce qui ne va pas chez elles et qu’elles peuvent changer. Mais bon, je m’éloigne de mon sujet d’article.

Parce que “je me choisis”

Cette cinquième raison me fait sourire. En effet, j’ai suivi une formation de 90 h en yoga et pleine conscience en 2016. Pratiquement à chaque rencontre, la formatrice nous rappelait combien il est important de “se choisir“. Autrement dit, de faire des choix pour soi en premier, y compris et surtout, quand c’est pour prendre soin des autres. C’est ce que j’appelle le principe du masque à oxygène, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises dans ce blogpour ceux qui suivent. Se choisir, c’est se respecter, être conscient de sa place et de sa valeur et donc, encore une fois, attirer de l’énergie positive vers soi. J’ai la croyance que nous sommes incarnés sur la terre pour accomplir notre mission de vie. Comment atteindre un objectif aussi ambitieux si on ne se choisit pas?

Or, me concernant, depuis tout ce temps, je n’avais jamais bien compris ce que voulait dire “me choisir”. Certes, je me suis choisie quand j’ai commencé mes formations en soins énergétiques et en shiatsu. Cependant, ces dernières avaient un effet bénéfique direct sur les membres de mon entourage. En effet, d’une part, ce sont eux qui ont bénéficié en premier de mes soins. D’autre part, ils profitent également de ma qualité de présence et mon calme, qui ont grandement cru depuis que je me suis lancée dans cette voie. Donc, je les ai choisis aussi, en prenant cette décision.

Avant qu’émerge ce projet fou d’aller habiter en France, je n’avais jamais vraiment pris une décision aussi égoïste, qui avait autant d’implication sur les autres.

Revenir…pour l’ Aventure!

Un retour, c'est toute une aventure!
L’ aventure. Photo de ohphotos pour Pixabay.

Ceux qui ont déjà fait le chemin dans l’autre sens le savent. Un retour dans l’Hexagone, même en y étant né, n’est pas facile. Premièrement, il y a toute cette paperasse à remplir qui, même si elle s’est allégée depuis quelques années, est tout de même plus lourde que ce que nous connaissons au Canada. Ensuite, il y a la question du logement. Bonne chance pour trouver une location quand tu n’as pas de fiche de paie. Après, il faut une preuve de résidence pour à peu près toutes les démarches administratives. Donc, bonne chance aussi! Bien sûr, il y a cette question de trouver du travail que l’on ne se pose pas longtemps quand on vit au Québec, où c’est le plein emploi. Enfin, pour peu que tu aies les bons diplômes et aussi la bonne origine…Et finalement, un retour après tout ce temps, n’est pas vraiment un retour. Je ne connais plus grand-chose de ce pays qui m’a vu naître.

Bref, pour toutes ces raisons, dans un premier temps, ma famille et moi allons habiter 2 mois au camping. Je me sens excitée par cette aventure. Je trouve que c’est une belle façon de démarrer tous ensemble. Un peu dans la promiscuité, certes. En plus, nous allons explorer une région que nous ne connaissons pas. Oui, parce que nous avons choisi une région où nous avons rarement mis les pieds, histoire de se prendre vraiment pour des aventuriers!

Un retour en accord avec mes valeurs

Au fil de ces 12 dernières années, j’ai progressivement intégré le concept de simplicité volontaire à ma vie. Au début, je me contentais d”acheter des vêtements dans des friperies, de composter mes déchets et de rouler à vélo. Peu à peu, j’ai cessé de m’habiller ailleurs que dans des friperies, puis j’ai diminué drastiquement mes achats (et donc mes déchets). Mes enfants ont été allaités et ont porté des couches-lavables. Ensuite, leurs vélos ont été achetés d’occasion, comme plusieurs de nos meubles et de leurs jouets. Puis, nous allions en vacances dans un éco-village, sans eau ni électricité. J’ai “intégré la conscience que le temps est trop précieux pour être gaspillé” [1] , comme les ressources de la planète d’ailleurs. J’ai adapté mon style de vie en fonction. C’est ma contribution.

Alors, il me restait quelque chose à changer. Il est inutile de refuser d’aller “dans le Sud” en hiver pour ensuite rendre visite à ta famille en avion. Oui, mais ma famille, elle est loin. C’est un fait. Donc, il me restait à me rapprocher et ainsi amener encore plus de cohérence dans ma vie.

Pour le vin et le fromage

Ça me tentait bien d’en parler, mais c’est surtout pour la blague. En effet, je ne bois un verre de vin que tous les 4 mois environ…Par contre, j’essaie de ne pas consommer trop de fromages! Connaissez-vous meilleur endroit que le pays de la tentation pour atteindre cet objectif?

Ah! Le fromage! – Image de corinnabarbara pour Pixabay

Un retour pour affronter mes peurs

Ainsi que je l’avais mentionné dans un précédent article, la peur est énergivore. Alors, quand on veut augmenter son énergie, rien de tel que dépasser ses peurs!

En vivant au Québec, j’ai perdu l’habitude de la violence et de la difficulté à trouver du travail. Ce sont des problèmes qui existent ici, mais que je n’ai pas rencontrés personnellement. Quand, il y a quelques années, je me suis posé la question d’aller vivre en France, des peurs reliées à la sécurité (tout court et celle de l’emploi), m’ont empêchée d’aller de l’avant. Aujourd’hui, ces peurs-là sont encore présentes, mais je me sens plus outillée pour les accueillir. Quant à les dépasser, seule cette nouvelle expérience me le permettra.

Parce que le retour est mon chemin

Mon chemin n'est pas linéaire. Il a ses allers et ses retours
Mon chemin n’est pas linéaire. Il a ses allers et ses retours – Image de Radosław Cieśla, Pixabay

Les rares fois où j’ai eu des doutes par rapport à cette décision, je me suis interrogée dans une méditation. La réponse que j’ai reçue est « ton chemin se poursuit là-bas ». Voilà ce que c’est de travailler avec l’énergie. Après, tu te relies au tout et plus rien ne t’arrête!

Et vous?

Peut-être faites-vous partie des personnes qui m’ont posé la question. Y a t’il une réponse qui résonne pour vous?

Sources

[1] “Simplicité volontaire, où en êtes-vous rendus?”, Simpli-cité, bulletin du réseau québécois pour la simplicité volontaire, automne 2010.

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4 commentaires

Lynfit · 24 mai 2019 à 11:28

Eh bien j’ai adoré lire ton article qui englobe beaucoup de choses je vois que tu te connais bien toi même et c’est important pour un si grand pas… Le Canada m’a toujours attirée car j y ai de la famille et rêve d y aller un jour 😉… Surtout pour la nature… Je n ai pas encore osé franchir le pas il faut que je sorte de ma zone de limite mais j y travaille… je te souhaite un bon retour en France et j’espère que tout se passera bien pour toi et ta famille… N hésite pas à visiter la Belgique où il y a de bonnes gaufres, du chocolat et des frites… 😁… J’espère que tu continuera ton blog car il me manquerait beaucoup 😉

    Isabelle Burcheri · 25 mai 2019 à 15:27

    Chère Lyn,

    J’espère que tu réaliseras ton rêve d’aller au Canada. L’énergie y est exceptionnelle, selon moi! Et oui, je continuerai mon blog, je compte bien qu’il soit le fil au-dessus de l’océan, dans cette vie un peu chamboulée qui m’attend pour les prochains mois… MERCI de me lire et de laisser des commentaires, cela m’aide beaucoup! Isabelle

Laurent · 25 mai 2019 à 15:41

Sans rien vouloir enlever au reste de l’article bien sûr, juste à noter que ce n’est pas une photo de la Sagrada Familia, mais la Casa Batlló, petit édifice conçu également par Gaudi et à la même période, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa façade. Elle se visite et l’intérieur vaut aussi le détour, je n’ai pas fait l’intérieur mais ta soeur pourrait te raconter.
Bises!

    Isabelle Burcheri · 26 mai 2019 à 21:10

    C’est génial! Si j’avais voulu le faire exprès pour montrer à quel point je ne connais pas Barcelone, je n’aurais pas fait mieux. Donc, comme toujours, le hasard fait bien les choses. Merci pour cette précision: cela me donne encore plus le goût d’aller à Barcelone, ne serait-ce désormais que pour combler cette lacune!

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