Nous voici en automne.  La saison des feuilles mortes, de l’odeur d’humus et de champignons, des soupes de courges. En automne, « nous rentrons dans la maison », au sens propre comme au figuré, parce que c’est une saison favorable à l’introspection et au bilan. Les jardins sont fermés, les récoltes engrangées, nous faisons le bilan de ce que nous avons semé et récolté. D’ailleurs, cela fonctionne aussi si l’on considère une vie écoulée. À l’ « automne de leur vie », les personnes font le point sur ce qu’elles ont réalisé et se préparent à aborder leur fin de vie.

Le Métal, l’élément de l’automne

La beauté du Métal reflète la beauté de l'automne
La beauté du Métal reflète la beauté de l’automne- photo Pixabay

Dans la tradition chinoise, sur laquelle est basée le shiatsu que je pratique, nous évoquons 5 éléments : le Bois, le Feu, la Terre (dont j’ai déjà parlé), le Métal et l’Eau. Pour aller plus loin, je vous recommande le livre d’Isabelle Laading, « Les 5 saisons de l’énergie », qui aborde notamment les 5 éléments, de façon très claire et accessible.  

L’automne est la saison du Métal. Dans notre corps, les organes associés à cette saison sont le Poumon et le Gros Intestin.  

Le Poumon, plus sensible en automne

C’est pourquoi le Poumon est particulièrement vulnérable en automne, si nous n’y prenons garde. C’est le début des rhumes, des bronchites, de la toux. C’est le temps de sortir les écharpes et les foulards.

En ce moment, les personnes me disent qu’elles ont plus de mal à respirer. D’ailleurs, vous pouvez prêter attention aux mots choisis (par vous-mêmes ou les autres personnes). « J’ai eu le souffle coupé ». « Mon entourage ne me laisse pas respirer ». Ou, comme dans la chanson de Diane Dufresne « Donnez-moi de l’oxygène ». C’est comme si, avec le froid qui arrive, nous avions moins d’air pour respirer.

Les Poumons, particulièrement vulnérables en automne
Les Poumons, particulièrement vulnérables en automne, photo de Gordon Johnson, sur Pixabay

De plus, comme la peau est associée aux poumons, c’est aussi une période où nous pouvons être plus vulnérables de ce côté-là. Peau sèche ou irritée, boutons, eczéma sont le lot de beaucoup de personnes en automne.

Soutenir le Poumon

Compte tenu de ce qui précède, j’imagine que vous ne serez pas surpris par ce que je vais vous proposer maintenant. Pendant les jours qui viennent, même si la saison est bien avancée, je vous invite à pratiquer un exercice de respiration, pour soutenir efficacement vos poumons.

Les bienfaits

En effet, pratiquer des exercices de respiration permet de détendre tous les muscles impliqués dans ce magnifique processus. Et ils sont nombreux. Par exemple, de tels exercices tonifient le diaphragme, détendent les muscles intercostaux avant et arrière, renforcent les abdominaux, détendent le dos, les épaules et le cou. Bien entendu, ils favorisent l’augmentation de l’apport d’oxygène dans le sang et, par le fait même, entraîne un regain d’énergie, tout en aidant notre peau, qui est l’organe du corps le plus en contact avec l’air.

De plus, la respiration consciente procure de la détente mentale et émotionnelle. Ainsi, nos idées se clarifient, nous permettant d’aborder notre journée (ou notre nuit) avec davantage de sérénité. Nous nous sentons moins oppressés.

La détente et la sérénité, représentées par ce Bouddha géant. Photo Pixabay.

Récemment, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit qu’il avait de la difficulté à respirer quand il est situation de stress. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de vous proposer cet exercice que je recommande de pratiquer tous les jours pendant 7 jours au moins, lors d’un moment calme. Ainsi, cela permet d’être capable de le pratiquer dans un moment plus chargé émotionnellement ou mentalement et permet un retour plus rapide au calme. 

Détendre le diaphragme en automne

Le diaphragme est un muscle important du système respiratoire, en forme de parapluie, situé entre le thorax et l’abdomen. Habituellement, il se contracte et descend à l’inspiration. Ensuite, il se détend et remonte à l’expiration. Toutefois, il peut, comme tous les autres muscles, rester contracté. Alors, cela peut donner une impression de serrement au niveau du plexus solaire, par exemple. Dans ce cas, la respiration reste superficielle et le retour au calme est plus difficile.

Comme on ne peut pas détendre le diaphragme en l’étirant, comme un autre muscle, l’exercice suivant a été conçu dans l’optique de le décontracter.  

La description ci-dessous est tirée de ma propre expérience de cet exercice, que j’ai appris dans le cours d’éducation somatique que j’ai suivi au printemps dernier (méthode Feldenkreis).

Cet exercice peut s’effectuer en position assise, le dos droit ou en position allongée, les genoux pliés. Pour ma part, en débutant, j’ai trouvé qu’il était plus facile de l’exécuter en position couchée. Désormais, je le pratique aussi en position assise. Tout d’abord, je me connecte à ma respiration. C’est-à-dire que j’observe, sans jugement et sans essayer d’intervenir, l’air qui entre et qui sort des narines. Puis, je vais commencer l’exercice proprement dit, qui se déroule en 4 temps.  

Quatre phases et un ballon

Phase d’expiration complète : en expirant l’air par la bouche, j’observe mon ventre qui se dégonfle puis mes abdominaux qui se contractent légèrement. Je peux placer mes mains sur mon ventre.

Phase d’inspiration : en inspirant par le nez, j’essaie de pratiquer une inspiration uniquement abdominale, c’est-à-dire que seul le ventre va se gonfler. Il peut être utile de visualiser un ballon qui se gonfle au niveau de l’abdomen.

Phase intermédiaire de rétention d’air : je bascule l’air qui est dans l’abdomen vers la cage thoracique. Autrement dit, le ballon qui était dans mon ventre passe dans mon thorax, sans perte d’air. De fait, le thorax va se gonfler.

Phase d’expiration par la bouche : je vide totalement mes poumons. Le « ballon » se dégonfle.

Ensuite, je recommence cet exercice en « gonflant » le ballon dans le thorax d’abord, avant de le faire passer dans l’abdomen pendant la phase intermédiaire, puis d’expirer.

L'air est vital, chaque jour, tout particulièrement en automne, saison dans laquelle nous pouvons avoir tendance à rester à l'intérieur
L’air est vital, chaque jour, photo Pixabay

Je recommence quelque fois, tant que cela reste confortable.

Observez l’effet!

Un de mes anciens profs de yoga avait pour habitude de nous demander d’observer l’effet de telle ou telle posture sur notre corps, notre mental et/ou nos émotions. C’est ce que je vous invite à faire à la fin de cet exercice. Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à partager dans les commentaires!

Sources

  1. Isabelle Laading, « Les 5 saisons de l’énergie »
  2. Cours « Éducation somatique et massothérapie, méthode Feldenkreis », école Guijek de Montréal.

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2 commentaires

Vaillancourt · 17 novembre 2019 à 22:11

Heureuse de cette lettre. Maintenant, nous aurons des automnes différents, toi avec tes feuilles rouilles moi avec de la neige dessus. Très bel article. Toujours pertinent de savoir comment respirer. Le poumon. Scène la plus drôle du Malade imaginaire de Molière. Milles mercis.

    Isabelle Burcheri · 18 novembre 2019 à 06:54

    Merci à toi de me rappeler le Malade imaginaire! C’est vrai que la scène est drôle. À bientôt!

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