Chaque personne qui reçoit un shiatsu est capable de déterminer pour elle-même quels en sont les bienfaits. En outre, il est facile de se reporter aux nombreux ouvrages et sites Internet qui traitent du sujet. Toutefois, quand on n’a jamais recouru à cette technique, il est également intéressant de pouvoir s’appuyer sur des faits tangibles, rapportés par plusieurs personnes, dans le cadre d’une démarche scientifique, par exemple.

Or, il existe peu d’études scientifiques sur le shiatsu. Comme pour beaucoup de techniques douces, c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. Toutefois, une étude, publiée en anglais en 2008, rapportait plusieurs faits intéressants, que j’ai rassemblés ci-après.

Le contexte de l’étude

En 2005, la Fédération européenne de Shiatsu avait commandé une étude à l’École des Soins et de la Santé de l’Université de Leeds. Celle-ci a été menée dans 3 pays, au Royaume-Uni, en Autriche et Espagne, auprès de 85 praticiens et 633 receveurs. Ces derniers étaient au nombre de 261 en Autriche, 93 en Espagne et 279 au Royaume-Uni. Il faut savoir que parmi ces 633 personnes, certains étaient des nouveaux utilisateurs, alors que d’autres connaissaient déjà le shiatsu. Les résultats ont été publiés en 2008.

Les éléments de l’enquête

L’étude comportait 4 questionnaires.

Tout d’abord, avec le premier questionnaire, il s’agissait de dresser un portrait du receveur, de ses motivations et des symptômes rencontrés avant le shiatsu. Ces symptômes étaient classés en 6 catégories, à savoir :

  • Problèmes musculaires, articulaires ou squelettiques (structure corporelle), incluant les maux de dos et la posture
  • Problèmes concernant les systèmes du corps (système digestif, respiratoire, circulatoire)
  • Baisse d’énergie ou fatigue
  • Tension ou stress
  • Problème en lien avec l’état émotionnel
  • Autre
Shiatsu: rotation de l’épaule. Photo Catherine Poitras

Ensuite, les réponses au 2e questionnaire, envoyé 4 à 6 jours après la séance, ont aidé à déterminer les effets immédiats de la séance, la qualité de la relation avec le praticien, la satisfaction du receveur et ses attentes.

Puis, les réponses au questionnaire envoyé 3 mois après la séance et celui envoyé 6 mois après, ont permis de savoir si les receveurs allaient continuer ou non à recourir au shiatsu, si leurs symptômes avaient diminué et quel était leur état de santé actuel.

Qui est cette personne qui recourait au shiatsu en 2005?

En premier lieu, la compilation des réponses de l’étude avait permis d’établir un portrait de la receveuse-« type », (je n’aime pas ce mot, mais je n’en ai pas d’autre pour l’instant). Pour résumer brièvement, il s’agissait alors d’une femme de 40 ans, salariée. Toutefois, je passe rapidement, parce qu’au vu de la popularité actuelle du shiatsu, il me semble qu’il serait intéressant de réviser ce portrait!

Rapport de l’étude sur les résultats immédiats d’une séance

Par contre, les éléments qui suivent me semblent encore d’actualité. En effet, dès la première séance, pendant et après, les répondant(e)s indiquaient avoir :

  • senti l’énergie circuler et les blocages se défaire,
  • observé des changements au niveau physique et émotionnel,
  • ressenti des effets de relaxation et de calme,
  • plus d’énergie,
  • davantage de capacité à faire face aux événements,
  • plus d’équilibre.

De plus, ces personnes ne rapportaient pas d’effets négatifs immédiats. Au total, l’étude a montré que des effets négatifs avaient été observés sur les périodes de 3 et 6 mois, mais, pour 82% des répondant(e)s, ils ont été considérés comme des effets transitoires.

Rapport de l’étude sur l’amélioration des symptômes

Dans les groupes des 3 pays, les receveurs et receveuses étaient majoritairement d’accord pour dire que le shiatsu est efficace dans le traitement des symptômes. Au Royaume-Uni et en Autriche, la plus grande réduction a été constatée pour la tension et le stress, suivie par les problèmes musculaires, articulaires et posturaux. En Espagne, c’était l’inverse.

Par ailleurs, des « proportions substantielles » de personnes étaient d’accord ou fortement d’accord avec les affirmations suivantes, selon lesquelles le shiatsu :

  • améliore globalement la santé,
  • donne confiance à la personne au sujet de sa santé,
  • aide à améliorer la posture,
  • aide à mieux utiliser son corps,
  • permet de changer la façon de comprendre et d’utiliser son corps,
  • donne l’espoir que les problèmes peuvent s’améliorer,
  • améliore la capacité à affronter les situations,
  • permet un développement personnel.
Shiatsu. Étirement latéral. Catherine Poitras.

Conclusions de l’étude

À la lumière des résultats de cette étude, les chercheurs ont identifié plusieurs points-clés.

Tout d’abord, que le shiatsu est reconnu comme une pratique sécuritaire dans les 3 pays concernés.

Ensuite, l’étude a mis en évidence les effets bénéfiques du shiatsu perçus par les receveuses et receveurs à court et long terme. Il est intéressant de noter que ces perceptions concernent des changements au niveau des symptômes aussi bien que du mode de vie. De plus, ces changements perdurent (sur une période d’observation de 6 mois).

Enfin, les bienfaits constatés en terme de bien-être général, maintien de la santé, promotion de la santé (mise en application des conseils et recommandations) et conscience de la santé sont remarquables.

Cela induit un changement dans la relation praticien-receveur. L’un des aspects qui mérite notre attention est la dimension d’accompagnement. En effet, une des particularités du shiatsu est que les deux travaillent ensemble et que la receveuse ou le receveur joue un rôle dans une plus grande prise de responsabilité de sa santé. 

Qu’en pensez-vous?

Vous avez le droit de me dire que j’ai ressorti ces résultats d’un vieux tiroir! Bon, en même temps, le shiatsu est une discipline ancestrale, alors ont n’est pas à une quinzaine d’années près, n’est-ce pas?

Sources

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