Mon défi de la 6e semaine

Je ne pouvais faire un défi consacré à l’acuité sensorielle sans visiter le sens auditif. Je vais donc consacrer ma semaine à l’ouïe. Pourquoi? Tout d’abord, je trouve que nous sommes dans une période un peu frénétique, où la fatigue de la fin d’automne se cumule à l’excitation de la fin d’année et où les sons sont exacerbés. Qui, arrivé au 21 décembre, a encore envie d’écouter de la musique de Noël?

En outre, depuis deux jours, je me sens fatiguée, irritable. Alors je trouve que c’est un bon moment pour recréer une bulle. Comme mon habitude est plutôt de de tenter de faire abstraction des sons (famille nombreuse oblige), j’ai décidé de faire l’inverse, pour voir!

Quand les sons nous polluent

Lorsque je suis revenue de vacances, à la fin de l’été dernier, je me sentais agressée par le bruit. En effet, j’avais passé 6 semaines en pleine campagne, au milieu des lavandes et des abeilles. Soudain, je me trouvais projetée dans un environnement hostile, fait de voitures, de travaux, de camions, etc. Encore aujourd’hui, 4 mois plus tard, j’ai du mal à me faire au chant des pelleteuses qui travaillent à côté de l’école où j’étudie depuis 3 mois. Idéalement, j’aimerais faire une retraite de silence.

“Le bruit des pelles mécaniques”

Nous baignons dans les sons

Habituellement, certains lieux sont considérés comme silencieux. Par exemple : une forêt, une bibliothèque, la chambre d’un enfant qui dort. Pourtant, même dans ces endroits, nous sommes entourés de bruits, en permanence. Nos oreilles perçoivent tous ces sons, mais notre cerveau les trie. D’ailleurs, même notre acuité auditive diminue avec l’âge. Un jeune adulte perçoit moins de sons qu’un bébé, par exemple. En général, se sont des mécanismes pour nous permettre de nous concentrer sur ce qui nous intéresse (comme une conversation ou une mélodie). Pour ma part, je considère que c’est aussi pour nous éviter de sombrer dans la folie!

Nous réagissons aux sons

Néanmoins, les sons ne sont la plupart du temps désagréables que parce que nous les jugeons comme tels. Ainsi, si nous écoutions l’alarme antivol d’une voiture comme si c’était la première fois, il est probable que nous serions très curieux de ce son. Nous ne serions pas en train de nous dire “Oh! Encore l’alarme de la voiture du voisin qui s’est déclenchée! Quand va t’il aller l’éteindre?” L’impatience qui naît dans une telle situation est davantage due à l’histoire que nous nous racontons qu’au bruit lui-même. Cet énervement nous gruge de l’énergie, que nous n’aurions pas perdue si nous étions restés dans un état de curiosité attentive.

S’ouvrir à un monde nouveau

En fait, pratiquer l’écoute est un moyen de revenir dans le présent. Comme le mental adore être actif, il nous suffit de l’occuper en lui donnant des sons à explorer. Comme si chaque bruit se produisait pour la première fois. D’ailleurs, c’est le cas!

De ce qui précède découle que la pratique de l’écoute est apaisante, nous permet de nous ancrer et de recharger nos batteries. Très bien, mais concrètement, comment s’y prendre?

Méthode n. 1

C’est un exercice proposé par Jan Chozen Bays, dans “52 façons de pratiquer la pleine conscience“. Il s’agit d’interrompre plusieurs fois par jour mes activités et de focaliser mon attention sur les sons qui m’entourent. Comme si j’avais tout d’un coup des oreilles de chauve-souris et que je pouvais tout capter. Dans un premier temps, je remarque des sons évidents. Dans un deuxième temps, je vais chercher les sons subtils, comme ceux produits par mon corps. L’idée est de me comporter comme une extra-terrestre qui n’aurait jamais entendu les sons terrestres. Dans un troisième temps, je les mets ensemble, comme s’il s’agissait d’une symphonie interprétée rien que pour moi.

“1,2,3,4, musique!”

Méthode n. 2

Pour aller plus loin, je vais aussi pratiquer l’exercice proposé par Barbara Ann Brennan, dans “Le Pouvoir bénéfique des mains“. Selon l’auteure, cet exercice permet de développer l’ouïe. Premièrement, je m’assoie en posture de méditation. Je me mets à l’écoute de mon corps. Ensuite, je visite l’intérieur de mon corps. Là, j’écoute les sons qui me parviennent. Ceux que je connais et ceux “qui n’existent pas”. (Barbara Ann Brennan fait référence à Itzhak Bentov qui a mesuré la fréquence de sons aigus qu’entendent certaines personnes en méditation).

Mon expérience

Wow! Avec l’exercice 1, je ralentis automatiquement. Pour moi, c’est un moyen efficace pour entrer immédiatement en méditation. Effectivement, je suis plus présente à mon corps, pour entendre toute l'”orchestration” externe et interne. De plus, je me sens à la fois relâchée et à la fois attentive, comme un animal aux aguets. Mon énergie augmente automatiquement. Expérience vraiment très intéressante!

Avec l’exercice 2, dans les sons “qui n’existent pas”, j’ai d’abord perçu une sorte de sifflement, de bruissement aigu. Cela m’a fait penser à la neige sur la télé, qui, si elle était un son, serait celui-là. À un moment, mon esprit a dérivé vers des pensées. Quand je l’ai ramené, il s’est tout de suite raccroché à ce son particulier.

À vous!

Quel est votre expérience de cette nouvelle pratique? Comment la trouvez-vous? Comment vous sentez-vous en la pratiquant?

Pour finir

Je ne pouvais décemment pas conclure un article sur les sons, sans une référence au classique “Sound of silence”, ici revisité en version Heavy Metal. Enjoy!

Sources :

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3 commentaires

kristine jouaux · 2 février 2019 à 18:22

Oh là là, comme je me suis régalée avec cet article, et avec ce morceau de musique “Sound of silence”…! 🙂
Et puisque tu parles de symphonie, je ne résiste pas à te partager cet article https://energie-quantique.com/musique-sante/ sur la symphonie de la vie, une découverte hors du commun !
En tout cas, je peux te dire que moi, lorsque je me mets à l’écoute de mon corps, en méditation, j’ai l’impression d’entendre du brouhaha, à tel point que j’ai l’impression vraiment d’un vacarme autour de moi (ou en moi, plutôt !). Bizarre, non ?
C’est aussi peut-être pour ça que j’aime m’isoler pour entrer en méditation avec moi-même, un peu comme si j’avais besoin d’être seule, tranquille pour m’écouter et entendre ce que mon corps a à me dire…
))) Kristine (((

    Isabelle Burcheri · 2 février 2019 à 22:01

    Bonsoir,
    Merci pour ton partage. Je vais aller voir l’article que tu me suggères!

    Auparavant, je voulais te répondre sur ce que tu entends. En fait, ton commentaire m’a interpellée et a éveillé ma curiosité. En effet, dès que j’entre en méditation, si je suis dans un état de concentration méditative (c’est-à-dire que je n’ai pas 50 pensées à la minute qui tentent de m’extraire de ma méditation), j’entends très rapidement un son particulier, aigu, qui ressemble à un sifflement. Anne Givaudan, dans une méditation guidée sur la transformation des Formes-Pensées en parle. Selon elle, c’est le “son de l’énergie qui circule en nous”.

    J’ai décidé de faire d’autres recherches et je suis tombée sur l’article suivant: http://www.corps-esprit.net/article-la-meditation-du-courant-sonore-par-christopher-s-kilham-115553387.html. Je le trouve très intéressant, quoique je ne puisse en vérifier les sources pour l’instant. Selon cet article, si je me concentre sur ce son particulier, le nada, (est-ce le son qui parcourt les nadis? si oui, cela rejoindrait l’explication d’Anne Givaudan), il va tout d’abord s’amplifier. J’ai fait l’expérience, cela se vérifie sur moi. Le son s’amplifie à un point tel que parfois, je ne suis plus certaine s’il est à l’intérieur ou à l’extérieur de moi. Bref, l’auteur de l’article dit qu’en restant suffisamment concentrée, nous pouvons peu à peu séparer les sons. C’est ce qui semble se produire pour toi, mais que je n’ai pas encore expérimenté. Je vais m’y mettre tantôt. L’auteur de l’article conseille alors de fixer ton attention sur un seul des sons. Comme si tu écoutais une symphonie et que tu voulais écouter un seul instrument. Apparemment, si tu te concentres suffisamment longtemps, tu pourras peut-être le sentir parcourir ton corps. (Enfin, peut-être est-ce ce que tu décris quand tu me dis que tu entends ce que ton corps a à te dire?). J’ai bien hâte de lire ta réponse, cela me fascine!
    Isabelle

Qu'est-ce que le Ki? - Les clefs du Ki · 15 mai 2019 à 15:23

[…] Enfin, vous pouvez l’entendre dans vos oreilles, en portant votre attention sur “les sons qui n’existent pas”. De plus, quand on étudie en shiatsu, on apprend à sentir sur les méridiens, les endroits où le […]

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