Mon défi de la semaine!

Oui, avec le mois de janvier que je viens de passer, il me fallait un défi de taille. Donc, j’ai décidé de contacter mes blessures. Là, je ne vous parle pas des petits bobos qui m’embêtent un peu. Non, je m’attaque aux gros, ceux qui sont nourris par des croyances limitantes. En effet, les croyances limitantes, ou Formes-Pensées, me grugent de l’énergie. De la vitalité aussi. J’en ai déjà enlevé un paquet, de ces croyances, mais il en reste quelques unes. Je sais qu’il y en aura toujours. Pour commencer, je vais regarder celles qui me travaillent depuis 2 jours.

Joli mois de janvier

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai vécu un mois de janvier très intense. Tout d’abord, je tiens à préciser que c’est l’un de mes mois préférés, pour que ne vous fassiez pas d’idées. En janvier 2019, à Montréal, il y a eu de la neige “en masse” (ce dont je suis très contente). Bon, il y a du grand froid aussi, avec lequel j’ai parfois eu du mal à négocier. En outre, j’ai passé des examens toutes les semaines (dans le cadre de ma formation en Shiatsu). Pour finir en beauté, deux de mes enfants ont été malades. Ça leur arrive une fois par an: c’était la semaine dernière. Pendant tout ce temps, avec mes méditations et mon yoga quotidien, la moxibustion et l’énergie transmises par mon entourage et mes amis, j’étais en pleine forme. Alors quoi?

Depuis 2 jours, les nuages

Est-ce le contrecoup de tout ça? Depuis hier, je me sens ratatinée. En plus, de vieilles blessures resurgissent de nulle part, comme des chimères. Ce serait pratique pour moi de me dire que c’est normal, que mon corps a donné le maximum en janvier. Maintenant que l’adrénaline est retombée, il veut juste se reposer. Il est certain que mon premier réflexe serait sans doute de me dire: “À quoi bon résister? Autant aller se coucher!” Mais si je faisais cela, je me sentirais déloyale envers moi-même. Par ailleurs, je répondrais davantage à un réflexe de fuite qu’à mon bien-être.

Comment ça, prendre la fuite?

Premièrement, en février, j’ai deux petits examens dans une matière qui ne me sera pas d’une grande utilité. En effet, dans ce cours, nous étudions les lois canadiennes, et moi, et bien, je vais déménager dans un autre pays, alors…Deuxièmement, en février, je vais devoir défendre une cause que mon ancien moi aurait juste abandonnée. Or, ces deux événements sont liés. Tout d’abord, ils le sont dans la projection (je me projette = je ne suis pas dans l’instant présent = ça me fatigue). Ensuite, ils le sont le fait qu’ils réveillent une partie de moi qui se sent vulnérable et que je n’aime pas beaucoup. En somme, il y a une vieille blessure que je dois contacter si je veux grandir et avoir plus d’énergie.

Que sont les Formes-Pensées?

Pour répondre à cette grande question, je m’appuie sur le livre d’Anne Givaudan, “Formes-Pensées: le Chemin de la transformation”. Anne Givaudan est une auteure qui a beaucoup écrit et travaillé sur les Formes-Pensées. Selon elle, ces croyances limitantes prennent souvent source dans notre enfance, où elle se sont cristallisées. Au fur et à mesure de notre vie, si nous les laissons faire, elles conditionnent nos choix. Ce faisant, elles nous maintiennent dans la peur ou activent nos colères, tout en nous rendant prisonniers d’habitudes qui nous rassurent, mais qui ne sont pas forcément bonnes pour nous. De plus, elles s’auto alimentent et comme vous le devinerez sans doute, nous prennent beaucoup d’énergie.

Comment s’en libérer en 3 étapes?

La méthode que j’applique est celle proposée par Anne Givaudan.

Remarque: ainsi que le fait mon ami Jean-François, de l’excellent blog “Ma petite voix intérieure“, je tiens à vous mettre en garde. Cette méthode fonctionne pour moi. Peut-être vous sera t’elle utile. Toutefois, elle ne prétend “pas remplacer un travail personnel accompagné d’un thérapeute. Certaines blessures profondes de l’enfance nécessitent bien sûr un accompagnement thérapeutique à long terme”.

Première étape

Tout d’abord, il est essentiel de reconnaître que quelque chose ne va pas en nous et d’arrêter de reprocher cette situation à quelqu’un d’autre ou à la société. Ex: “Le comportement de telle personne m’est néfaste” ou “s’il ne neigeait pas autant, j’irais bien mieux!”. Non! Le comportement de l’autre ou les conditions climatiques activent chez moi une Forme-Pensée qui, elle, déclenche chez moi une réaction par rapport à une vieille blessure. Cette réaction me nuit et peut nuire aux personnes qui m’entourent.

Deuxième étape

Ensuite, il est nécessaire de repérer la Forme-Pensée qui nous fait réagir. En effet, cette Forme-Pensée est présente en nous depuis tellement de temps qu’elle “fait partie de nous”. Nous nous voyons comme ceci ou comme cela. Nous disons: “je suis comme ça, je n’y peux rien.” Moi, par exemple, je me considère comme quelqu’un de très responsable, qui fait de son mieux pour ne faire de tort à personne et commettre le moins d’erreurs de jugement possibles. Eh bien, la cause que je vais défendre en février se rapporte directement à une erreur de jugement. Il y a un an, je me suis inscrite en toute confiance à une formation que proposait une personne que je connaissais depuis 8 ans et que je voyais au moins 1 fois par mois en 2016 et 2017. Sans me méfier, j’ai payé par avance. La personne a disparu sans laisser d’adresse et…sans donner la formation!

Troisième étape

À la troisième étape, il s’agit de contacter la blessure. En effet, c’est une chose de savoir qu’elle est là, d’accepter qu’elle refasse surface n’importe quand. C’en est une autre de plonger à sa rencontre sans filet pour l’accueillir et lui permettre de se transformer. Quand nous sommes à cette étape, nous avons souvent peur de ce que nous allons rencontrer. Par exemple, j’ai peur d’aller défendre ma cause, parce que j’ai peur d’être jugée comme quelqu’un d’irresponsable, de naïf, qui donne facilement sa confiance.

D’autant plus que nous avons peur de lâcher ce que nous croyons être une partie de nous. Et si jamais c’était moins bien que mon ancienne croyance? Elle était pourrie, mais au moins, je la connaissais. Elle faisait partie de moi. Et parfois, c’est confortable de se dire que nous aussi, nous sommes des êtres faillibles, que nous sommes à plaindre. À ce moment-là, notre corps génère des tensions et des émotions (surtout la peur), tandis que notre ego se repaît de notre souffrance. Nos vibrations sont très basses. Et nous attirons d’autres vibrations basses. Le tout génère un cercle vicieux dont il est urgent de sortir.

Concrètement, comme cela se passe?

À partir d’une pratique proposée par Anne Givaudan, que j’ai déjà expérimentée à plusieurs reprises et dont je reconnais l’efficacité, je me suis concocté l’exercice suivant, en la modifiant légèrement. Comme pour les autres fois où je l’ai pratiqué, je reproduirai cet exercice pendant 40 jours au moins, afin d’activer le processus de transformation.

Vous verrez, contacter ma blessure revient essentiellement à dialoguer avec mon enfant intérieure. Au début, si vous essayez pour la première fois, peut-être que cela vous paraîtra bizarre. Me concernant, j’ai soigné de nombreuses blessures en reconnaissant mon enfant intérieure et en prenant soin d’elle. Toutefois, quand tout va bien, j’ai tendance à la mettre de côté. Alors, c’est là que de vieux démons resurgissent. C’est ce qui m’arrivait jusqu’à ce matin.

Le matin, quelques minutes après le réveil, je me connecte à ma respiration. Puis je fais une séance de yoga de 15 à 30 minutes. Ensuite, je poursuis avec une méditation de 15 à 30 minutes. Enfin, ce que j’ajoute avec ce défi actuel : je prends une dizaine de minutes (parfois plus) pour contacter mon enfant intérieure qui porte cet aspect de moi que je n’aime pas et que j’aimerais transformer.

Aujourd’hui et pour les 40 prochains jours, j’ai décidé d’écouter la partie de moi qui n’aurait pas dû faire confiance à une personne en particulier. Cette partie de moi aurait dû mettre ses limites. Elle aurait dû exiger un contrat écrit même si nous nous connaissions depuis presque une décennie. Elle aurait dû se faire confiance. Elle aurait dû croire en ses propres capacités. Bref, elle aurait dû faire ce que font habituellement les adultes (mais rarement les enfants, parce qu’au moment de ce différend, c’est visiblement mon enfant intérieure qui « me commandait »).

Premièrement, je regarde ce défaut que j’évite soigneusement. Je prends le temps de l’identifier, comme je le ferais avec un être cher. Je regarde cette partie de mon enfant intérieure avec un regard neuf, avec bienveillance. En somme, je lui donne de l’attention.

Deuxièmement, j’entre en contact avec elle. Je sais qu’elle porte une blessure telle qu’elle me fait encore réagir presque 40 ans plus tard. Je prends une feuille de papier sur laquelle j’écris le dialogue que nous entamons. Je lui dis que je suis là pour elle, que je l’écoute et lui demande ce qu’elle a envie de me dire. J’écris sa réponse. Lui pose une autre question. Je ne la juge pas. Je reste dans l’empathie afin de ne pas réagir. Je poursuis le dialogue, souvent simplement en reflétant ce qu’elle me dit. Tout au long de l’échange, je reste très présente. Au fil de la rencontre, elle se détend. Souvent, je sais que le dialogue s’achève quand je sens qu’elle est moins triste.

À la fin de l’expérience, je lui demande ce qu’elle aimerait. Ce matin, elle m’a répondu qu’elle voudrait que je dessine un éléphant (c’est mon animal-totem). Alors, je l’ai fait. Si je n’avais pas eu le temps, je lui aurais dit que je le ferai plus tard et quand. (Je considère qu’il est très important de respecter nos engagements envers les enfants, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs). Après, je me sentais bien. Ma vitalité était revenue.

Et vous?

Prenez-vous soin de vos blessures? Contactez-vous votre enfant intérieur? Qu’est-ce que cela vous apporte? N’hésitez pas à l’écrire dans les commentaires!

Source

Anne Givaudan, “Formes-Pensées: le Chemin de la transformation”.

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4 commentaires

Lynfit · 4 février 2019 à 06:25

Bonjour Isabelle,
Cet article me parle particulièrement car j’ai moi aussi des croyances limitantes, issues de mon enfance, de mon éducation, de mes expériences de vie et il est en effet très difficile de les surmonter. Actuellement j’ai envie de me lancer dans un nouveau projet et ces croyances me bloquent, mon éducation m’a appris la prudence, ce qui n’est pas mauvais en soi mais trop de prudence peut parfois nous empêcher d’avancer, de peur d’échouer… mais j’y travaille. Parfois en voulant dépasser ces croyance j’ai l’impression de dénigrer l’éducation que j’ai reçue et de trahir un peu les enseignements reçus… mais je crois qu’il faut se construire soi-même pour avancer et dépasser nos limites, même si l’on prend certains risques… de cette façon nous pouvons, si nous réussissons, nous créer de nouvelles croyances “constructives” pour l’avenir et continuer sur notre lancée 😉

    Isabelle Burcheri · 4 février 2019 à 22:33

    Bonjour Lynpixx,

    Merci pour ce beau partage!
    Oui, je suis absolument d’accord! Sortir de notre “zone de confort” est définitivement un bon moyen pour transformer nos croyances limitantes en croyances constructives. Je pense que l’une des clefs est, comme je le fais dans la pratique que je décris dans cet article, de ne pas lutter CONTRE nos croyances limitantes, mais de leur faire une place, de les écouter. Parce que souvent, comme tu le soulignes, elles nous viennent de loin et, selon moi, notre enfant intérieur s’y accroche (j’ai l’impression que c’est ce à quoi tu fais référence quand tu écris que tu as “l’impression de dénigrer l’éducation que tu as reçue et de trahir un peu les enseignements reçus”). Donc, en les écoutant, nous nous permettons de les reconnaître, de savoir qu’elles existent, tout en ne leur laissant pas tout le pouvoir! Du coup, nous passons des paliers et nous continuons “sur notre lancée”, comme tu le dis si bien.
    À bientôt,
    Isabelle

Damien · 12 février 2019 à 17:35

Bonjour Isabelle,
Merci pour cet article. C’est en effet très proche de la vision de Lise Bourbeau au niveau du processus.
De mon côté, j’avoue ne pas avoir mis le processus dans une routine. Bien que je liste chaque jour 3 moments de ma journée marqueurs d’une amélioration.
C’est surtout dans l’action que les blessures se révèlent et que je tente de ne pas réagir.

Alors bonne idée, je vais essayer de joindre le processus à mes “3 améliorations quotidiennes” !
A bientôt,
Damien

    Isabelle Burcheri · 13 février 2019 à 22:20

    Bonjour Damien,

    Je comprends tout à fait ton point de vue et je pense que cet outil peut parfaitement être utilisé ponctuellement. Toutefois, dans mon cas, tenter de ne pas réagir quand je suis dans le feu de l’action, c’est presque impossible. Alors je m’entraîne au quotidien, comme cela, ça me prépare pour “les jours où”. Pour moi, c’est un peu comme méditer tous les jours, que ça aille bien ou moins bien. Les jours où ça va bien, je fais des réserves de paix pour les jours où cela va moins bien.

    J’aime bien ta proposition de mettre en évidence chaque jour 3 améliorations. Je trouve qu’elles peuvent facilement s’ajouter à ma liste de célébrations. Par contre, j’ai hâte d’essayer, histoire de voir si je peux trouver 3 améliorations chaque jour.

    Merci!

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